Retrouver le sommeil grâce à l'hypnose

16/05/2020

      Retrouver le sommeil grâce à l'hypnose

      En apaisant nos angoisses, l'hypnothérapie permet de vaincre les insomnies et de retrouver un sommeil plus réparateur. Quelques séances suffisent, la plupart du temps, à constater une amélioration.

      Sommaire
      1. L'hypnose réduit le stress
      2. Déroulement d'une séance d'hypnose contre les troubles du sommeil
      3. En vidéo : L'hypnose peut-elle favoriser l'endormissement ?
      4. Des résultats rapides
      5. Où trouver un hypnothérapeute ?
      6. Pour pratiquer l'auto hypnose chez soi

      L'hypnose est désormais reconnue comme un outil thérapeutique. Certains hôpitaux l'utilisent pour atténuer la douleur, préparer à l'accouchement ou remplacer des anesthésies.

      Une expertise de l'Inserm (Institut national de la santé et de la recherche médicale) a pointé en 2015 ses avantages pour traiter l'insomnie, une fois les causes physiques éliminées. L'imagerie cérébrale a montré que, sous hypnose, nous sommes dans un état de conscience particulier, différent de l'éveil et du sommeil. «  C'est comme "être dans la lune", c'est un état de rêverie  », estime le Dr Patrick Bellet, médecin en hypnose ericksonienne.

      L'hypnose réduit le stress

      Certaines régions du cerveau sont mises en sourdine comme lorsque nous dormons. Et d'autres zones capables de réduire le stress et l'anxiété sont stimulées. L'hypnose aide à interrompre la pensée et crée l'état nécessaire pour bien dormir. Le temps d'endormissement diminue et la durée du sommeil réparateur augmente.

      Mais l'expérience médicale a aussi établi que l'hypnose n'agit qu'à condition de croire à ses bénéfices. «  Il n'y a pas de profil psychologique particulier, précise le Dr Agnès Brion. C'est une question d'adhésion.  »

      A lire aussi : Troubles du sommeil de l'enfant : et si on essayait l'hypnose ?

      Déroulement d'une séance d'hypnose contre les troubles du sommeil

      • La première consultation commence par un entretien avec le thérapeute. La récolte des informations est une phase très importante pour le praticien . En identifiant la cause des troubles du sommeil, il adapte sa technique et ses suggestions au patient et au type d'insomnie.
      • Lors de l'hypnose proprement dite, le thérapeute amène d'abord la personne à se relaxer. Il peut lui parler de façon répétitive en suggérant la détente totale des muscles du corps ou lui demander de se focaliser sur un objet. «  Pour s'endormir, on essaie souvent de faire le vide. Or, plus on s'efforce de ne penser à rien, plus les choses reviennent en force, explique le Pr Antoine Bioy, professeur de psychologie médicale à l'université de Bourgogne. C'est pour cela qu'il faut créer un sentiment de familiarité avec l'environnement - le contact avec le siège ou le lit, les bruits, etc. » Dès que ce qui nous entoure est connu, le cerveau s'en dégage et part vers autre chose tout en restant en éveil. « On entre alors dans une phase d'hyperdisponibilité à tout ce qui est perceptif. La pensée réflexive passe au second plan  », ajoute le Dr Agnès Brion.
      • Le thérapeute propose alors au patient des pensées positives, des sensations de bien-être ou des métaphores, comme un plongeon en eaux profondes, pour suggérer l'entrée dans le sommeil. Le but est de l'aider à retrouver un univers où il se sent bien et en sécurité pour pouvoir s'endormir.
      • Avec les réveils nocturnes, «  le travail est un peu différent, indique Antoine Bioy. On suggère à la personne qu'une part de sa conscience reste toujours éveillée, à l'instar de la mère qui entend son enfant pleurer quand elle dort. Puis, on lui demande de visualiser ce gardien du sommeil : cela la rassure de savoir que, si nécessaire, ce gardien la réveillera. »
        • À la fin de la séance d'hypnose, en moyenne 30 minutes, le patient confirme par un signe qu'il a vécu une expérience sensorielle. Puis, le praticien compte jusqu'à 5 pour faire revenir le patient à son état de vigilance, lui demande d'ouvrir les yeux et de s'étirer. Un échange permet ensuite au patient d'exprimer ce qu'il a ressenti et de trouver d'autres suggestions pour la prochaine fois. Pour consolider le traitement, le thérapeute enseigne des techniques d'auto hypnose.

      Des résultats rapides

      L'effet bénéfique peut se faire ressentir dès la première séance. Selon les études, entre 50 % et 85 % des personnes voient leur sommeil s'améliorer après deux séances (durée d'endormissement et qualité). Il faut compter deux à cinq séances, espacées d'une à deux semaines, mais jusqu'à une dizaine en cas de troubles complexes ou installés depuis longtemps.

      Le prix d'une séance d'hypnose varient selon le praticien, mais oscille, en général, entre 60 et 75 €. Ce traitement n'est pas pris en charge par la Sécurité sociale.

      Où trouver un hypnothérapeute ?

      Comme le titre d'hypnothérapeute n'est pas réglementé, il est indispensable de choisir un professionnel de la santé - médecin, psychiatre, infirmier... - ayant reçu une formation en hypnose médicale. Celle-ci doit courir au moins sur un an et comprendre des mises en pratique régulières.

      Vous pouvez demander à :

      • un médecin spécialisé dans les troubles du sommeil
      • un organisme de formation à l'hypnose médicale, réservée aux professionnels de santé : comme la Confédération francophone d'hypnose et thérapies brèves, l'Institut français d'hypnose et l'Association française pour l'étude de l'hypnose médicale.

      Pour pratiquer l'auto hypnose chez soi

      • S'imaginer visuellement dans un endroit apaisant, dans une salle de contrôle où l'on peut appuyer sur le bouton "sommeil".
      • Visualiser une bougie, en s'intéressant à chaque détail : la taille du bougeoir, sa couleur, etc. Puis faire grandir la flamme jusqu'à ce qu'elle se transforme en soleil. On le sent alors réchauffer et ramollir toutes les parties du corps, tandis que ce dernier s'enfonce de plus en plus dans le lit.
      • Écouter des enregistrements le soir, avant d'aller se coucher.